22/02/2017

Comment bien profiter de l'exposition VERMEER et les grands maîtres de la peinture de genre qui vient tout juste de débuter au Musée du Louvre ? Une belle rétrospective contenant douze tableaux du très grand peintre hollandais Vermeer, un véritable enchantement pour les yeux et les sens...et une expo qui change le regard sur la peinture hollandaise .Compter deux bonnes heures dans l'exposition.

12 tableaux de Vermeer sont actuellement exposés au musée du Louvre et permettent d'envisager une approche plus intime du grand maître de la peinture du siècle d'or. Cette présentation a pour principal but de démontrer le dynamisme remarquable lié à l'échange d'idées entre Vermeer et les peintres de son temps .Les relations montrent que ces artistes se déplaçaient beaucoup entre Amsterdam Haarlem, Leyde, La Haye, Delft, Rotterdam et Dordrecht .La mobilité des peintres de genre est confirmée par le fait que la majorité d'entre eux ont vécu dans plusieurs villes au cours de leur carrières et leurs oeuvres se sont alors déplacées également avec eux.

Pays prospère dans un état le plus riche d'Europe qui vient d'accéder à l'indépendance, au sein d'une société bourgeoise et universitaire , héritière d'une longue tradition humaniste dans laquelle Rembrandt a fait ses débuts de peintre des années plus tôt : La Hollande occupe tout au long au XVIII e siècle, une place primordiale en Europe, elle possède également la suprématie maritime et commerciale. Avec ses compagnies Néerlandaises des Indes occidentales et orientales. Elle établit alors des comptoirs à travers le monde et s'impose comme première puissance coloniale.

L'espace privé devient l'objet de toutes les attentions, les hollandais se plaisant à orner, meubler et entretenir leur intérieur dès le XVII e siècle. Ce nouveau mode de vie du peuple hollandais , tire profit de la prospérité économique du pays et contracte le goût du confort et du raffinement que l'on retrouve ici dans les scènes de genre.Le mobilier domestique pénètre dans tous les foyers, l'armoire à linge souvent représenté par les peintres, ou bien les tableaux qui ornent les murs , les porcelaines de style chinoise de la période ming ou les tapis turcs ou les miroirs vénitiens ....Les variations apportées par les peintres se limitant souvent à changer les objets, ou à ajouter ou éliminer des figures ou des objets que les personnages ont en main.
Le peintre Hollandais Johannes Vermeer principalement connu du grand public pour sa "Jeune fille à la perle", pour "la laitière "et pour "jeune fille à la lettre"ou bien pour " la dentelière" est enfin mis à l'honneur en France.

Vermeer se démarque des autres peintres car en comparaison , il apporte une tout autre dimension intemporelle et méditative éliminant les détails . C'est une part de réflexion quasi philosophique que sa peinture développe sur notre approche de son art.Il rend ainsi la lumière du jour presque réelle. Chez les autres peintres présentés à l'exposition les allusions allégoriques sont immédiatement compréhensibles dès le premier coup d'oeil. Les tableaux de Vermeer gardent une part de mystère qui fascine grâce au caractère insondable de ses thématiques. Ce que nous montre également cette exposition c'est que même les meilleurs peintres de Leyde , les plus raffinés d'entre eux ne peuvent rivaliser !
La jeune fille à la perle , " la Joconde d'Europe du Nord" n'est pas présente dans l'exposition , elle ne se déplace plus , vous ne la verrez donc pas en visitant l'exposition du musée du Louvre.Ce tableau, probablement peint vers 1665, est l'un de ceux qui fascina le plus par son caractère énigmatique. Qui était cette Jeune fille au turban, volontiers nommé la "Joconde néerlandaise" 
Emblème de la féminité ainsi que de la richesse économique de la Hollande au XVIIe siècle, la perle n'est pas n'est pas nouvelle dans les toiles de Vermeer.  Pourtant ici, c'est sa taille qui étonne, autant que l'absence de contour pour la dessiner "Quand on regarde de près, on voit qu'il n'y a pas de contour. C'est la lumière qui sculpte la forme."Cette sculpture du tableau par la lumière a aussi été mise en évidence dans les années 1990 au moment de la restauration du tableau, mettant au jour une tâche rose à la commissure des lèvres qui renforce le caractère vivant de cette représentation. Sa posture dynamique, comme en mouvement, crée un lien entre le personnage et le spectateur tout en laissant place à l'imagination.
La lette interrompue  de Johannes Vermeer peint vers 1665-67, National Gallery of Art de Washington.
Gérard Dou , ci dessous est un génial « miniaturiste », il a travaillé dans l’atelier de Rembrandt jusqu’à ce que ce dernier quitte Leyde pour Amsterdam en 1631. Ce départ permit à Dou, qui n’avait jamais pu véritablement assimiler le style de son maître, de révéler son propre génie de « miniaturiste » réaliste. Le métier de ce peintre est en effet d’une incomparable perfection technique. Chaque objet est rendu par de toutes petites touches dont la précision touche à l’illusion : transparence du verre, reflets métalliques du lustre, satin électrique et velours moelleux, luxe coloré du rideau théâtral. Cet aspect précieux et émaillé de la surface picturale et ce réalisme minutieux, adouci par le velouté du clair-obscur, font de Gerard Dou le chef de file incontesté de cette peinture « fine » qui fit la gloire de Leyde et marqua profondément l’art néerlandais.Ci-dessous la préciosité de La femme Hydropique, de Gérard Dou visible dans l'exposition, montre la préciosité et le génie de miniaturiste des décors.
La femme hydropique, 1663, Paris Musée du Louvre . Dans le calme clair-obscur d’un intérieur, un médecin examine à la lumière du jour les urines de sa patiente, peut-être pour déterminer si elle est enceinte (le titre du tableau,  La Femme hydropique, est erroné). Cette dernière attend les résultats, réconfortée par sa fillette et sa servante. La représentation satirique de médecins et autres arracheurs de dents avait une grande place dans la peinture de genre . Mais ici il s’agit bien moins de la dénonciation triviale du charlatanisme que d’une réflexion morale sur le symbolisme de l’eau. L’eau est en effet source de vie et purificatrice, comme Dieu (d’où la Bible bien visible, ouverte sur son pupitre). Elle est très présente dans ce tableau : dans le bassin du premier plan, mais surtout par la magnifique aiguière peinte sur les volets qui protégeaient l’œuvre de la poussière (elle aussi conservée au musée du Louvre). La vie vertueuse qu’elle incarne s’oppose à la vanité du temps qui fuit (figuré par la petite horloge à côté de la fenêtre), et la pureté de l’âme aux maux du corps. Ainsi il faut sans doute comprendre le regard de la malade comme un élan vers la lumière du ciel, au-delà de la basse matérialité de cette chambre confinée.

L'habillement et les costumes utilisés par les peintres de genre comportent des ressemblances , les peintres empruntaient à leurs confrères ( des costumes, des animaux, des intérieurs, des meubles, des décorations murales et beaucoup d'autres objets )....
Vermeer Jeune fille au collier de perles , 1662_65, Berlin Staatliche Museen de Berlin détail d'une femme habillée de satin nouant son collier de perles. 

Cette exposition montre que Vermeer sur un même sujet a su capter l'essence mystique de l'instant, en traquer la part d'éternité, en préserver le secret. Comme souvent chez Vermeer, la scène semble non pas figée mais comme suspendue , enveloppée dans une brume  qui l'assourdit ce qui la rend plus hypnotique encore.
Frans Van Mieris, femme à son miroir, vers 1662, Berlin Staatliche Museen zu Berlin, détail montrant une jeune femme vêtue d'un chemisier de satin.
Gerard Ter Borch, jeune femme à sa toilette , vers 1650_1651 New York, the Met
détail d'un jeune femme vêtue d'une jupe et d'un chemisier ample de satin .
Les femmes vêtues de satin de Ter Borch ont influencé pratiquement tous les peintres de scènes de genre actifs de Hollande dans les années 1660. Moins connu que Vermeer , Gérard ter Borch, dit le Jeune, né à Zwolle en 1617 et mort à Deventer le 8 décembre 1681, est un peintre de genre et de portraits hollandais, actif à Münster et Amsterdam.
 Femme écrivant une lettre de Ter Borshpeint vers 1660_62 ,  Collection Royale de Londres.


La laitière de Vermeer est une icône de ce que l'on peut appeler une mystique du geste quotidien , c'est une petite toile, peinte vers 1657-58 et exposée au Rijksmuseum à Amsterdam. Cette oeuvre peinte par Vermeer est une oeuvre de jeunesse alors qu'il n'avait que 25 ans , elle s’est imposée au fil du temps comme l'un des tableaux les plus célèbres de Vermeer .L'isolement et la concentration de la figure les yeux baissés y contribuent pour beaucoup . Sa notoriété est aussi en partie due à la publicité pour une marque alimentaire.C'est une vraie icône de la culture des Pays Bas....alors que la jeune femme colorée se détache sur un vaste mur blanchi à la chaux et réalise en toute simplicité une recette de pain perdu avec le pain et le lait posés sur une table .


La Dentelière , vers 1670-71,Paris ,Musée du Louvre, est prise comme exemple de l'abstraction qui , progressivement , se fait jour dans l'oeuvre tardif de Vermeer.Les fils sortant du coussin à l'ouvrage au premier plan , en particulier , ont été décrits comme ayant l'apparence et la consistance de cire fondue . Dans l'imaginaire collectif, La Dentellière de Johannes Vermeer incarne le mystère qui entoure les oeuvres de l'artiste , à la fois évidentes, simples et énigmatiques ......


Exposition-événement jusqu’au 22 mai à voir au musée du Louvre, je vous conseille vivement de réserver vos places à l'avance ici billets de l'exposition afin de définir un créneau horaire ,cette exposition risque d'attirer de nombreux spectateurs, on y piétine malheureusement beaucoup car les cartels des oeuvres sont placés beaucoup trop bas par rapport aux tableaux et sont cachés par les visiteurs qui se massent devant les tableaux . ( C'est néanmoins une exposition à voir et à revoir )
A la suite de l'exposition vous comprendrez mieux pourquoi Vermeer est surnommé « le sphinx de Delft »,et pourquoi il est souvent vu comme un génie énigmatique et solitaire. Son art si singulier est en réalité profondément influencé par ses échanges avec les autres peintres de son temps. 
Bonnes VISITES 









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